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Tiré de Wikipedia:
Historique
La maladie a été décrite précisément en 1932 aux États-Unis par le Dr. Burrill Bernard Crohn (1884-1983), chirurgien digestif au Mount Sinai Hospital de New York.
En 1993 est décrite une souris présentant une mutation sur le gène de l'interleukine-2 et qui a des manifestations digestives proches de la maladie de Crohn, en faisant le premier modèle animal de la maladie.
Le coût économique est important puisqu'il est estimé à près de 3 milliards d'euros par an en Grande-Bretagne, pays qui compte 90 000 patients atteints par cette maladie.
Elles sont encore en grande partie inconnues. Les dernières hypothèses évoquent qu'il existe au moins 32 facteurs de risque génétiques (plusieurs gènes potentiellement responsables ont été identifiés notamment NOD2 (CARD15), un facteur déclenchant environnemental (bactérie ?) et la survenue d'une cascade inflammatoire non contrôlée.
Il s'agit d'une maladie multifactorielle au même titre que la rectocolite hémorragique ou la polyarthrite rhumatoïde, autres maladies proches.
La maladie peut survenir à n'importe quel âge mais est découverte essentiellement chez l'adulte jeune. Elle se manifeste principalement par une diarrhée chronique (plusieurs semaines à plusieurs mois), surtout exsudative et accompagnée fréquemment de douleurs abdominales.
On observe souvent une perte de poids (par malabsorption). Il n'est pas rare que les poussées soient accompagnées d'un peu de fièvre. La fatigue est un symptôme persistant. C'est souvent elle qui est la plus mal ressentie par les patients.
Il peut exister des manifestations extra-intestinales, principalement ostéo-articulaires mais aussi hépato-biliaires, oculaires ou cutanées.
On utilise un indice d'activité pour savoir si la maladie est en poussée ou non, c'est l'indice de BEST (CDAI pour les anglo-saxons). Si ce dernier est inférieur à 150, le patient est considéré être en rémission.
Diagnostic
Dans les biopsies de muqueuse digestive, la présence d'un granulome epithélioïde est un argument fort en faveur du diagnostic de la maladie (œdème et infiltrat lympho-plasmocytaire, ulcérations larges et fissulaires, abcès cryptiques).
La vidéocapsule est une petite caméra vidéo que les patients avalent et qui enregistre les images du tube digestif. Son principal atout est de pouvoir visualiser l'intestin grêle qui est inaccessible à l'endoscopie.
On peut également explorer l'intestin grêle à l'aide d'un entéroscope (double ballon ou simple ballon). Il s'agit d'un endoscope plus long qu'un coloscope dont la progression est facilitée par un surtube à ballon gonflable. Son intérêt par rapport à la vidéocapsule réside dans la possibilité d'intervenir sur la lésion et d'avoir une bonne précision quant à la localisation.
L'absorbtion d'un liquide radio-opaque permet de visualiser le tube digestif. Cet examen est utile pour observer les zones non visibles par endoscopie (en particulier l'intestin grêle). Elle permet de détecter d'éventuelles sténoses (rétrécissements), fistule, mais il est à éviter dans les poussées sévères.
Le scanner peut aider au diagnostic, particulièrement s'il existe des fistules.
Le diagnostic différentiel est difficile à faire car la maladie peut avoir, à tort, été étiquetée comme un trouble fonctionnel digestif intestinal, appelé également côlon irritable.
On peut confondre facilement une rectocolite hémorragique (ne touchant que le côlon) et une maladie de Crohn (pouvant toucher tout le tube digestif), toutes deux des formes de maladies inflammatoires chroniques intestinales.
Le diagnostic peut ne pas être porté avec certitude entre ces deux entités lors des premières poussées, on parle alors de colite indéterminée. Dans la plupart des cas, l'évolution de la maladie et de ses signes cliniques permet, après plusieurs mois ou années, de finir par déterminer avec précision la maladie concernée et donc d'adapter au mieux la stratégie thérapeutique. Il arrive cependant que la colite reste indéterminée, le débat actuel étant de savoir si la cause n'est pas une troisième entité des maladies inflammatoires chroniques intestinales.
Certaines colites infectieuses peuvent aussi présenter un tableau trompeur.
On craint surtout les sténoses, fissures, fistules ou perforations, une colectasie (dilatation toxique du côlon) ou une colite grave (poussée très sévère d'emblée).
Il existe, après dix ans d'évolution, une majoration du risque de cancer colorectal. Ce risque est surtout important en cas d'atteinte étendue et nécessite une surveillance régulière par coloscopie.
Le traitement d'attaque repose sur les corticoïdes (généralement de la prednisolone à la dose de 1 mg/kg/jour) pour les poussées moyennes et sur les Inhibiteur du TNF alpha pour les poussées sévères ou réfractaires.
Le traitement préventif se partage entre les salicylés (sulfasalazine, mésalazine ou 5-aminosalicylés (5-ASA)) et les immunosuppresseurs. Les plus utilisés sont l'azathioprine (Imurel) (2 à 2,5 mg/kg/jour), la 6-mercaptopurine (Purinethol) (1,5 mg/kg/jour) et le methotrexate (Methotrexat, Ledertrexate) (15-25 mg par semaine)
L'utilisation d'antibiotiques peut être utile, essentiellement en présence d'abcès ou d'atteintes périnéales.
Les 2 produits les plus fréquemment utilisés sont l'Azathioprine (immunosuppresseur) et l'infliximab .ce dernier semblant plus efficace que le premier. Les corticoïdes au long cours n'ont pas d'intérêt démontré.
Elle était la règle auparavant mais son indication décroit régulièrement.
Elle est parfois nécessaire, le plus souvent en dernier recours, après échec des traitements médicaux :
Elle consiste essentiellement en une ablation de la partie iléo-cœcale de l'intestin.
Le régime sans résidu peut être utile au cours des poussées inflammatoires pour limiter la diarrhée mais ne nécessite pas d'être poursuivi après rémission sauf en cas de sténose digestive. Des régimes d'exclusion sont parfois proposés par certains praticiens (notamment la nutrition Seignalet). Ils n'ont aucun fondement scientifique et n'ont jamais fait la preuve de leur efficacité clinique. Aucun leader d'opinion français des MICI ne les recommande. Ils pourraient au contraire entraîner des carences préjudiciables et limiter un retour à une alimentation normale, qui peut être obtenu dans la grande majorité des cas.
L'arrêt définitif de toute consommation de tabac est très fortement conseillé. Il semble que la réaction au tabac soit un indice permettant de distinguer une maladie de Crohn d'une rectocolite hémorragique. Dans le cas d'une maladie de Crohn, l'arrêt de la consommation de tabac suscite une rémission des symptômes. Dans le cas d'une rectocolite, l'arrêt du tabac tendrait à aggraver les symptômes. La maladie de Crohn est donc tout à fait incompatible avec la consommation de tabac, d'autant que celle-ci aggrave, en plus de la fatigue générale suscitée par la maladie, les symptômes et les risques qui y sont liés.
Tiré de Passesportsanté,net
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La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire chronique du système digestif.
Elle se caractérise par des crises de douleurs abdominales et de diarrhée, qui peuvent durer plusieurs semaines ou plusieurs mois. Les malaises s’accentuent après les repas, car les aliments font pression sur la paroi enflammée des intestins. La personne atteinte se sent affaiblie et peut perdre du poids si aucun traitement n’est entrepris.
L’inflammation (une réaction localisée du système immunitaire à une agression) peut se former à divers endroits du tube digestif, de la bouche à l’anus. Mais le plus souvent, elle s’installe à la jonction de l’intestin grêle et du gros intestin. L’inflammation chronique provoque l’épaississement de la paroi intestinale, qui peut se résorber entre les crises, mais qui laisse, la plupart du temps, des cicatrices.
C’est un chirurgien américain, le Dr Burril B. Crohn qui a observé le phénomène pour la première fois, en 1932. Depuis, la maladie porte son nom. La maladie est habituellement diagnostiquée avant l’âge de 30 ans. En Amérique du Nord, elle touche de 26 à 200 personnes sur 100 000, selon le lieu.
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Maladie de Crohn ou colite ulcéreuse?
La maladie de Crohn ressemble en plusieurs aspects à la colite ulcéreuse, une autre maladie inflammatoire de l'intestin. Pour les distinguer, les médecins observent où sont situées les zones d'inflammation. La colite ulcéreuse touche un segment délimité du côlon, tandis que la maladie de Crohn peut atteindre d'autres parties du tube digestif (parfois en laissant des zones saines) et plus en profondeur. Il arrive qu’il ne soit pas possible de distinguer ces deux maladies. On appelle alors la maladie « colite indéterminée ». |
La cause de la maladie de Crohn est inconnue. Mais, il semble de plus en plus clair que l'inflammation est de nature auto-immune. Il se peut qu'une telle réaction soit déclenchée par un virus ou une bactérie.
On remarque que l’incidence de la maladie de Crohn est plus élevée dans les pays industrialisés et tend à augmenter depuis 1950. Cela laisse croire que des facteurs environnementaux, probablement reliés au mode de vie occidental, pourraient avoir une influence importante sur l’apparition de la maladie. Aucun facteur spécifique n’a encore été décelé.
Des chercheurs ont étudié les gènes de dizaines de familles dans lesquelles la maladie de Crohn est fréquente. Ces recherches ont permis de découvrir des sites génétiques qui indiquent une susceptibilité accrue de souffrir de cette maladie, localisés sur les chromosomes 12 et 16.
Toutefois, les scientifiques croient que, dans la plupart des cas, l’hérédité ne serait pas déterminante. Même chez les personnes dont la génétique prédispose à la maladie de Crohn, d’autres facteurs sont nécessaires pour que la maladie survienne.
On a longtemps pensé que le stress pouvait déclencher des crises. Cependant, les études réalisées jusqu’à présent réfutent cette hypothèse.
La plupart des gens atteints de la maladie de Crohn vivent des périodes de rémission qui peuvent durer plusieurs mois. Les récidives se succèdent de façon assez imprévisible. Parfois, les symptômes sont d’une intensité si élevée qu’une hospitalisation est nécessaire (incapacité à s’alimenter, fortes douleurs, diarrhées, etc.).
La maladie de Crohn n'est généralement pas fatale, mais peut entraîner divers problèmes de santé.
Conséquences possibles
Complications possibles
Les symptômes se manifestent uniquement durant les crises.
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Peut-on prévenir? |
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Aucun moyen de prévenir la maladie de Crohn n'est connu.
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Mesures pour prévenir l’aggravation et les récidives |
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Suivre le traitement à la lettre. Certaines personnes parviennent à réduire la fréquence des phases aiguës de la maladie en suivant bien leur traitement. Cesser de fumer. Plus on fume de cigarettes, depuis longtemps, plus le risque de récidives et d’interventions chirurgicales est élevé. Éviter les médicaments anti-inflammatoires en vente libre ou sur ordonnance (voir la liste dans la section Traitements ci-dessous). Ceux-ci sont contre-indiqués, car ils peuvent déclencher une crise aiguë de la maladie. Comme analgésique, privilégier l’acétaminophène. Aux doses recommandées, l’acétaminophène (Tylenol®) est sans danger pour l’intestin. Remarque L’alimentation. Plusieurs études se sont penchées sur des changements dans l’alimentation. Certaines ont testé l’effet d’un apport réduit en sucres raffinés et accru en oméga-3. D’autres ont testé l’exclusion de certains aliments. Ces expériences n’ont toutefois pas permis de déceler un type de diète qui permettrait de prolonger la durée des périodes de rémissions15. Durant les phases de rémission, on recommande donc une diète équilibrée, sans restriction. Les personnes intolérantes au lactose veilleront bien à exclure le lait et les produits laitiers de leur alimentation ou à prendre un comprimé d’enzymes qui dégradent le lactose (comme Lactaid®) avant d’en consommer. Certaines personnes intolérantes au lactose tolèrent tout de même les produits laitiers fermentés (yogourt, fromage).
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Il n’existe pas de traitement curatif. Ainsi, l’objectif est de contrôler l'inflammation, corriger les insuffisances alimentaires et soulager la douleur, la diarrhée et les autres symptômes.
Puisque la maladie évolue par poussées entrecoupées de périodes de rémissions, il est parfois difficile pour le médecin d’évaluer l’efficacité des traitements entrepris.
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Il est recommandé de tenir un journal où l’on note quotidiennement :
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Les anti-inflammatoires intestinaux, comme la sulfasalazine ou la mésalamine, servent à contrer l’inflammation intestinale et articulaire. Ils peuvent être pris par voie orale ou anale (suppositoires, lavements).
Si les anti-inflammatoires intestinaux ne suffisent pas à soulager les symptômes, le médecin suggère des anti-inflammatoires plus puissants, comme les corticostéroïdes, qui ont un effet immunosuppresseur général. Ils sont habituellement employés durant trois ou quatre mois. Leur usage amène une période de rémission chez plusieurs patients. Ces médicaments comportent cependant des effets indésirables plus marqués, comme une enflure du visage, une prise de poids, de l’acné, une pilosité accrue au visage, des sueurs nocturnes et de l’insomnie. À long terme, les corticostéroïdes peuvent causer de l’ostéoporose.
Les immunomodulateurs agissent de manière très ciblée sur certains acteurs du système immunitaire, pour moduler à la hausse ou à la baisse leur activité. L’effet recherché est une diminution des réactions inflammatoires. Le 6-mercaptopurine et l'azathioprine sont les plus souvent prescrits aux personnes atteintes de la maladie de Crohn. Ils contribuent aussi à la guérison des fistules. Ces médicaments peuvent causer des effets indésirables (nausée, vomissement, diarrhée) et diminuer la résistance aux infections lorsque les doses sont trop élevées. D’autres types d’immunomodulateurs sont parfois employés, comme le méthotrexate et la cyclosporine.
Les agents anti-TNF alpha, comme l’infliximab, visent à neutraliser une substance pro-inflammatoire, le facteur de nécrose tumoral (TNF). Certaines personnes obtiennent une rémission prolongée grâce à ce traitement. Il permet d’avoir moins recours à la corticothérapie (ou à un plus faible dosage) et à ses effets indésirables. Les agents anti-TNF alpha sont cependant réservés aux personnes qui ont des symptômes modérés à graves mal contrôlés par les autres médicaments. L’infliximab comporte plusieurs contre-indications.
Des antibiotiques sont parfois prescrits. En détruisant en partie la flore intestinale bactérienne, ils auraient un effet bénéfique sur l’inflammation.
Les antidiarrhéiques ou les laxatifs, si nécessaire.
Les antispasmodiques combattent les douleurs abdominales.
Les analgésiques soulagent les légères douleurs abdominales. Privilégier l'acétaminophène (Tylenol®). IMPORTANT : les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l'aspirine, l'ibuprofène (Advil®, Motrin®) ou le naproxène (Aleve®) sont contre-indiqués chez les personnes atteintes de la maladie de Crohn, car ils peuvent aggraver les symptômes ou déclencher une crise aiguë.
1. Durant les crises. Afin d’alléger les malaises, on conseille de diminuer la consommation de lait et de produits laitiers, ainsi que de fibres alimentaires (produits de boulangerie à la farine de blé entier, plusieurs fruits et légumes crus ou non pelés, etc.). Notons que ces aliments n’ont pas d’effet néfaste en soi sur le tube digestif. Les fibres alimentaires, par exemple, en augmentant le volume des selles, font pression sur la paroi enflammée des intestins, ce qui a pour conséquence d’accroître les malaises digestifs. Quand la crise s’estompe, ces restrictions ne sont plus nécessaires.
S’informer auprès de son médecin, d’une nutritionniste ou d’une association de patients pour en savoir plus sur le type d’aliments à privilégier durant les crises.
2. L'alimentation de soutien. Elle consiste en des suppléments de complexes vitaminiques et de minéraux et des préparations liquides hautement caloriques. Si l’intestin est très irrité, on utilisera parfois la voie intraveineuse.
Elle vise à corriger la malnutrition et à s’assurer que la personne comble ses besoins en calories et en nutriments, malgré le manque d'appétit.
En effet, la maladie de Crohn peut engendrer des carences en protéines, en vitamines (A, acide folique, B12, C, D, E et K) et en minéraux (calcium, cuivre, fer, magnésium, sélénium et zinc)6.
L'apport suffisant en éléments nutritifs est important chez les adultes comme chez les enfants. Un retard de croissance peut se produire chez les enfants.
La chirurgie est parfois appropriée, lorsque les autres traitements ne suffisent pas à procurer un soulagement, en cas de fistules, d’obstruction complète du tube digestif ou d’ulcère perforé. La maladie demeure néanmoins présente.
Une partie du tissu atteint peut être complètement retirée. Les fistules réfractaires peuvent aussi être fermées par chirurgie.
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La maladie de Crohn est malheureusement une maladie pour la vie. Actuellement, on peut en soulager les symptômes, mais pas la traiter complètement. Le diagnostic peut être très difficile à accepter. Mais heureusement, avec un bon traitement, c’est possible de continuer à mener votre vie comme vous le souhaitez, sans restriction. La maladie ne devrait donc pas vous empêcher de manger à votre goût, de travailler, d’avoir des loisirs et de fonder une famille. C’est le but à atteindre! Mais cela nécessite une excellente collaboration patient/médecin. Puisqu’il s’agit d’une maladie chronique, plusieurs personnes tentent de trouver une cure ou un soulagement avec des produits naturels, des diètes restrictives ou d’autres types de thérapies. L’efficacité de ces traitements est souvent non fondée. Restez prudent devant des publicités parfois trompeuses et des histoires de guérisons miraculeuses. Il est bon, avant de suivre un quelconque traitement, d’en parler avec son gastro-entérologue afin de s’assurer qu’il n’entrera pas en interaction avec les traitements prescrits et qu’il n’aggravera pas les symptômes. Certaines diètes restrictives, par exemple, peuvent provoquer des déficits nutritionnels. Aussi, certaines tisanes peuvent causer des problèmes de diarrhée. Grâce à la recherche, on peut garder l’espoir qu’un jour on pourra guérir la maladie de Crohn définitivement.
Dr Jean-Daniel Baillargeon, gastro-entérologue |
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Révision médicale (février 2008) : Dr Jean-Daniel Baillargeon, gastro-entérologue, Chaire Lucie et André Chagnon pour l'enseignement d'une approche
intégrée en prévention, Université de Sherbrooke |
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IMPORTANT. L’effet thérapeutique des approches complémentaires suivantes est difficile à évaluer, étant donné l’imprévisibilité des crises et de la durée des périodes de rémission. Il est préférable de consulter son médecin avant d’entreprendre tout traitement.
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En traitement |
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Absinthe, huiles de poisson, probiotiques. |
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Camomille allemande. |
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Boswellie. |
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Formule de Bastyr, méthodes de relaxation, psychothérapie, modifications alimentaires. |
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Absinthe (Artemisia absinthium). Des chercheurs
ont évalué les effets bénéfiques sur la maladie de Crohn d’un traitement adjuvant à l’absinthe, une plante qui possède des propriétés antivirales. Quarante personnes atteintes de la maladie de Crohn ont participé
à cette étude contrôlée avec un placebo16. Deux groupes de 20 sujets devaient prendre, durant dix semaines, soit la préparation à base d’absinthe (SedaCrohn®) soit un placebo, à
raison de trois capsules deux fois par jour. Après huit semaines de traitements à l’absinthe, 13 personnes sur 20 ont rapporté une rémission presque complète de leurs symptômes, et
aucune dans le groupe placebo. De plus, dans le groupe placebo, 16 personnes sur 20 ont vu leurs symptômes s’exacerber lorsque leur dose de corticostéroïde a été diminuée, contre
seulement 2 sur 20 dans le groupe ayant reçu le SedaCrohn®.
Huiles de poisson. Une revue systématique publiée
en 2005 a recensé 11 études sur l’effet des huiles de poisson pour soulager les symptômes liés à l’inflammation des voies digestives (maladie de Crohn et colite
ulcéreuse)9, mais l’ensemble des données ne permet pas de juger de leur efficacité clinique. Consulter notre fiche Huiles de poisson.
Probiotiques. Les probiotiques sont des bactéries vivantes non dangereuses qui permettent de
restaurer la flore bactérienne naturelle du système digestif. La bactérie Lactobacillus acidophilus en est un exemple. La flore intestinale est souvent perturbée par l'inflammation
chronique. Quelques essais préliminaires ayant combiné traitement classique et différents probiotiques ont donné des résultats prometteurs, mais qui doivent être confirmés par des études de
plus grande envergure10-12.
Camomille allemande (Matricaria recutita). La camomille
allemande a longtemps été utilisée en préparations médicinales pour les troubles du système digestif (comme la diarrhée et les ulcères d'estomac). La Commission E reconnaît son utilité pour soigner la dyspepsie, les gonflements, les
flatulences, l'inflammation et les spasmes gastro-intestinaux.
Dosage
Pour les troubles digestifs, elle s'utilise par voie interne sous forme d'infusion, d'extrait liquide ou d'extrait sec. Voir la fiche Camomille allemande pour plus de détails sur la posologie.
Boswellie (Boswellia serrata). La résine de boswellie fait partie de la pharmacopée officielle de l'Inde
et de la Chine. La médecine traditionnelle ayurvédique (Inde) lui attribue des propriétés anti-inflammatoires utiles pour le traitement de l'inflammation du tube digestif. Les résultats d'une
étude comparative, mais sans groupe placebo, indiquent que la boswellie (H15® à raison de 1 200 mg, trois fois par jour) est aussi efficace, effets indésirables en moins, que la
mésalazine, un des médicaments classiques utilisés pour traiter la maladie de Crohn7.
Dosage
Prendre de 300 mg à 400 mg d'extrait de résine standardisé (37,5 % d'acide boswellique) en capsule ou en comprimé, trois fois par jour.
Formule de Bastyr. Une préparation composée de plusieurs
plantes médicinales et de quelques autres ingrédients (poudre de chou, pancréatine, vitamine B3 et substance duodénale) est recommandée par le naturopathe J.E. Pizzorno afin de
soulager l'inflammation qui sévit dans le tube digestif14. Il s'agit d'un vieux remède naturopathique non documenté par des études scientifiques.
Les plantes médicinales suivantes font partie de la recette : la guimauve (Althea officinalis), l'orme rouge (Ulmus rubra), l'indigo sauvage (Baptisia tinctoria), l'hydraste du Canada (Hydrastis canadensis), l'échinacée (Echinacea angustifolia), la phytolaque d'Amérique (Phytolacca
americana), la consoude (Symphytum
officinale) et le géranium tacheté (Geranium maculatum). S’informer auprès d’un thérapeute dûment formé.
Méthodes de relaxation. Des spécialistes recommandent des
séances d'hypnose aux personnes qui souffrent de la maladie de Crohn13. La pratique clinique démontre que l'hypnothérapie réduit certains symptômes, grâce à son effet relaxant. L’hypnothérapie améliorerait les
fonctions immunitaires tout en diminuant le stress et
l'anxiété. La respiration profonde, plus accessible, et le biofeedback (une forme de training autogène) auraient des effets semblables, en permettant la détente.
Modifications alimentaires. En naturopathie, on considère
que, puisqu’il s'agit d'une maladie qui fragilise le système digestif, le type d’aliments ingérés a des répercussions sur l'état de santé. On recommande donc d’être attentif aux aliments et
boissons qui semblent aggraver les symptômes et de les exclure. Cette démarche demande l’aide d’un naturopathe ou d’un diététiste. Le naturopathe J.E. Pizzorno rapporte que, lors d’études
préliminaires, le blé figurait au haut de la liste des aliments les plus souvent problématiques, avec les produits laitiers5. Par ailleurs, selon
lui, il est préférable d’écarter les aliments susceptibles de causer des flatulences et des ballonnements, comme les haricots, les légumes de la famille des choux, les oignons,
les agrumes, les boissons gazeuses et le maïs éclaté.
Psychothérapie. Le Dr Andrew Weil recommande
de considérer un travail en psychothérapie, en
complément aux traitements médicaux13. Selon lui, le stress et les émotions reliées à des besoins insatisfaits pourraient exacerber les symptômes de la maladie de Crohn. D’après une
synthèse d’études ayant porté sur 14 études, la psychothérapie n’a pas réellement d’effet sur l’évolution de la maladie de Crohn17. Cependant, pour certaines personnes, elle
peut contribuer à améliorer la qualité de vie et à atténuer des symptômes de dépression ou d’anxiété.
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